Salut les froggies
Bernanos est à mon sens un des plus grands écrivains de langue française, et les occasions sont rares d'entendre ses textes. Le théâtre en partance joue jusqu'à mercredi soir au MC93 de Bobigny une pièce inspirée de ses écrits de combats (que je vous invite par ailleurs à lire). J'y vais mardi, ceux qui veulent venir avec moi sont les bienvenus.
Présentation Compagnons inconnus
envoyé par theatreenpartance. - Futurs lauréats du Sundance.
critique du figaro: Parmi les spectacles forts que l'on peut voir ces jours-ci, il y a cette adaptation remarquable des Écrits de combat de Georges Bernanos. Il s'agit de la reprise d'un spectacle présenté il y a ...deux ans par Théâtre en partance, compagnie implantée en Normandie et qui accomplit un vrai travail de création à Saint-Lô et dans la région. Formés à l'école du Théâtre national de Strasbourg, Valérie Aubert et Samir Siad montent aussi bien les pièces du répertoire que des textes contemporains. Ici, sur un fond d'images, un chœur et un coryphée portent la parole toujours vive de Bernanos. La manière dont il analyse les événements de son temps est si forte que sa pensée semble destinée à nous faire réfléchir aujourd'hui, ici et maintenant
La manche libre:
Le Théâtre en Partance remet Bernanos au goût du jour
“Compagnons inconnus”, la dernière création du Théâtre en Partance, a séduit le public de Bobigny. On la retrouve en Normandie.
Après un magnifique succès au théâtre MC93 de Bobigny, Compagnons inconnus, la dernière création du Théâtre en Partance autour des écrits de Georges Bernanos, vient chercher le triomphe à Saint-Lô mardi 21 avril.Défi littéraire et artistique, le travail achevé par la compagnie de Samir Siad et Valérie Aubert a choisi de se servir du verbe du grand écrivain chrétien pour mettre en lumière l'histoire récente de l'Europe. Et surtout nous aider à en tirer de nouvelles leçons.
Bernanos s’adresse à nous
Aux mots extraits des Grands cimetières sous la lune, de La France contre les robots, des Enfants humiliés ou de La liberté pour quoi faire? s’ajoute une mise en scène ciblée destinée à créer l’émotion. Ballons, terre, lumière, costumes simples, extraits musicaux et vidéo soutiennent une interprétation vécue “au corps” par Samir Siad, Cédric Altadill, Vincent Reverte et Fabrice Hervé, réunis en “chœur” de citoyens combattants de 14-18 se transformant peu à peu en civils, en technocrates, en traders d’aujourd’hui...
Plus que de susciter des battements cardiaques, les quatre comédiens de Bricqueville-sur-Mer se sont donnés pour mission sur scène de faire entendre au public le message, “parfaitement actuel”, d’un écrivain “bien au-dessus des mouvements de pensées dans lesquelles on a voulu le ranger”.
Un public étonné et surpris
“Et non sans drôlerie”, rappelle le codirecteur de la troupe des Embruns, Samir Siad, qui souligne à quel point l’écrivain, malgré une grande gravité, “avait le sens du cocasse”.
Georges Bernanos a traversé le XXe siècle et ses deux guerres mondiales. ”Inspiré durablement par l’expérience des tranchées”, il l’a marqué de sa plume. Assez critique sans être violente, assez étonnée sans être naïve et assez profonde sans être mystique pour être relue aujourd’hui à l’heure de la surconsommation et de “l’abandon de nos libertés au profit de l’Etat, des systèmes économiques et des polices”.
C’est ce challenge sans crânerie, cette leçon d’histoire sans dogmatisme qui a sans doute séduit le théâtre de Bobigny, amateur de textes puissants et de grand art.
“Comme l’arbre peut cacher la forêt, la réputation de Bernanos dissimule une oeuvre plus complexe et plus riche qu’on ne le pense souvent”, a introduit le théâtre de la région parisienne, avant de rappeler comment Georges Bernanos le catholique s’est oposé au “franquisme meurtrier”, à la “lâcheté des accords de Munich en 1938 et à “l’effondrement des démocraties”.
La pièce écrite à partir de ce que les éditeurs ont appelé les “écrits de combats” de Bernanos - ses “articles, conférences et écrits politiques de 1936 et 1948”, explique Samir Siad - a été coproduite avec le MC93 suite à la “venue de Patrick Sommier dans la Manche. Je lui ai avoué ma passion pour Bernanos, il a dit “c’est ça qu’il faut monter”, se souvient le directeur du Théâtre en Partance, qui raconte un public “étonné, surpris, en communion de pensée avec Bernanos, un auteur étonnament libre de toute idéologie et qui disait il y a 60 ans qu’il n’écrivait pas pour ses contemporains mais pour ceux d’après...” Rendre justice au courage intellectuel de cet auteur opposé à tous les totalitarismes, avoir réussi à théâtraliser ses textes, donner à un public non spécialiste l’envie de s’y replonger. Voilà ce que le public normand découvrira en allant applaudir le théatre en Partance.
Isabelle Petiot
Combattant des tranchées...
Georges Bernanos est né à Paris en 1888. Homme de foi et de passion, il débute dans le journalisme en collaborant à L’Action Française. Après sa rupture avec Charles Maurras en 1932, il se rapproche de Mauriac et Malraux. À son retour des tranchées en 1918, il devient inspecteur d’assurances.
... opposant au franquisme...
Le premier roman de Bernanos, Sous le soleil de Satan, sort en 1926. Le Journal d’un curé de campagne est écrit en 1934 aux Baléares. Pendant la guerre civile espagnole, l’écrivain prend le parti des victimes avec Les Grands Cimetières sous la lune (1938).
... puis résistant en exil
Face à la montée des fascismes, Bernanos quitte ensuite l’Europe pour se réfugier au Paraguay, puis au Brésil, où il devient l’un des plus grands animateurs spirituels de la Résistance. En juillet 1945, sollicité par le général De Gaulle, iil rentre en France. Il meurt trois ans plus tard.
Une prophétie de Bernanos?
“Le libéralisme asservissait l’homme à l’économie, pour que l’Etat pût s’emparer de tout ensemble, le moment venu, de l’homme et de l’économie, le capitalisme des trusts frayant la voie au trust des trusts, au trust suprême, au trust unique : à l’Etat technique divinisé” Georges Bernanos.
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1 commentaire:
sounds interesting...the reading of the book you gave me was quite striking actually
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